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Oeuvres Ouvertes : Kafkaweb (7)_Angèle Casanova lit A la Colonie pénitentiaire

Oeuvres Ouvertes

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Kafkaweb (7)_Angèle Casanova lit A la Colonie pénitentiaire

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Le chantier Kafka sur Œuvres ouvertes a cinq ans,
des auteurs contemporains lisent un texte de leur choix.


En octobre 1914, Kafka prend une semaine de congé pour avancer dans la rédaction du Procès commencée deux mois plus tôt. Il s’échappe même de l’appartement familial à Prague pour aller travailler au calme dans celui de sa sœur Elli, Nerudagasse 48. Prolongeant d’une semaine son congé, c’est cependant deux autres textes qu’il va écrire : le dernier chapitre d’Amérique, "Le grand théâtre d’Oklahoma", et A la Colonie pénitentiaire.

Les mois suivants, il hésite à publier ce dernier texte. Il en fait une lecture publique à Munich le 10 novembre 1916, lecture à laquelle assiste Rainer Maria Rilke. Selon plusieurs journaux, le récit aurait été mal accueilli par le public, il est même question de trois dames qui seraient tombées dans les pommes ! (histoire qui semble avoir été inventée par un journaliste). Par la suite, Kafka continue à douter de la valeur de ce texte. Son éditeur Kurt Wolff désire le publier, et ce n’est que trois ans plus tard qu’A la Colonie pénitentiaire paraîtra, tiré à mille exemplaires.

Les hésitations de Kafka semblent liées au caractère à la fois "douloureux" et "honteux" de ce récit, selon le mot peinlich qu’il emploie dans une lettre à son éditeur. La torture est ici l’œuvre d’une machine rendant la cruauté humaine totalement impersonnelle, effaçant même la conscience de toute culpabilité chez le tortionnaire. Kafka avait lu des articles de journal et des récits contemporains évoquant différentes colonies pénitentiaires tenues par des puissances européennes : il s’agissait bien d’inscrire de force une Loi supérieure dans la chair des détenus.

Gratitude à Angèle Casanova pour sa lecture des premières pages. Le mixage de l’enregistrement a été réalisé par Sébastien de Cornuaud-Marcheteau. On peut lire le texte entier mis en page par Alain Hurtig dans la webliothèque d’Œuvres ouvertes.



© Laurent Margantin _ 7 novembre 2015

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