Œuvres ouvertes

Jean Vilar (6)

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Les maîtres qu’on avait quittés nous avaient parlé des nouveaux maîtres qu’on attendait de découvrir devant le portail. Ils avaient dit et répété qu’on avait pas à s’inquiéter, qu’ils leur ressemblaient et suivaient à peu près les mêmes règles, que leur sévérité était pas vraiment supérieure à la leur, et que donc tout se passerait bien pour ceux d’entre nous qui auraient la chance d’être admis à Jean Vilar. Car fallait être admis à Jean Vilar, le passage était pas automatique, on changeait pas de couloir comme ça, naturellement, comme on se réveille le matin, non, fallait être au niveau, disaient nos maîtres d’avant, fallait le vouloir, fallait fallait, mais tous leurs mots de l’époque se sont perdus dans nos songes, devant le portail on se souvenait juste de leurs mains puissantes quand ils parlaient de Jean Vilar, de leurs mains qui se levaient et montraient un point dehors, de l’autre côté des pavillons morts, là où on allait jamais parce que personne ici avait jamais besoin d’y aller, alors personne y allait.




Jean Vilar (7)

© l_m _ 9 novembre 2015