Œuvres ouvertes

Jean Vilar (8)

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Le premier jour les maîtres d’avant étaient venus nous dire au revoir à l’arrêt de bus, comme toujours ils portaient leurs longs manteaux de fourrure noirs, leur barbe grise et puant le tabac était encore plus longue que la dernière fois qu’on les avait vus, maintenant elle couvrait complètement leurs épaules et leur poitrine, ils semblaient tristes, penchaient la tête pendant qu’on montait dans le bus, à vrai dire on s’en foutait un peu qu’ils soient là, on était plutôt heureux de se débarrasser d’eux et une fois assis dans le bus on tourna même pas la tête vers eux, on était déjà partis, tourner la tête ç’aurait été leur donner trop d’importance alors que ce qui nous occupait maintenant c’était le chemin jusqu’à Jean Vilar, cette zone inconnue à traverser, le nouveau couloir dans le béton et la tête un peu plus bétonnée qu’ils allaient nous faire là-bas, sans être impatients on était curieux tout de même, surtout toi qui étais assis à mes côtés, agrippé à ton siège la peau de ta tête chauve toute blême comme si on l’avait vidée de son sang, t’étais vraiment triste de les quitter les maîtres d’avant ?




Jean Vilar (9)

© l_m _ 18 novembre 2015

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