Éditions Œuvres ouvertes

Jean Vilar (10)

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Pourquoi ils venaient pas nous ouvrir on savait pas. Ils avaient pas fait ça au précédent couloir, ils nous avaient ouvert tout de suite dès notre arrivée devant la grille, on avait juste tendu nos sacs pour montrer qu’on avait tout notre matériel et on avait couru dès la première heure dans le couloir en nous battant à coups de coude, alors pourquoi là ils ouvraient pas le portail ? Le soir le bus était venu nous chercher et on était repartis sans dire un mot, on avait à peine regardé les jardins et les pavillons morts où brillait tout de même à quelques fenêtres une vieille bougie, on s’était plus intéressés au campement des manouches où un feu brûlait devant lequel passaient quelques silhouettes, et toi qui étais assis à côté de moi que je connaissais pas t’avais dit eux en tendant la main vers les silhouettes, eux comme si ç’avait été le seul mot à dire pour les désigner ou peut-être les menacer. On retournait chez nous avec ces silhouettes du campement dans la tête, une part de nous était restée là-bas, loin du portail de Jean Vilar devant lequel on irait se pointer le lendemain, sans espoir qu’on nous ouvre alors qu’un couloir là dans le béton nous attendait, un couloir qu’on imaginait plus long que le précédent, plus sombre aussi.




Jean Vilar (11)

© l_m _ 30 novembre 2015

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