Éditions Œuvres ouvertes

Les Géographes (47)

...

Jean Oleric Bensperg


Toutes ces heures, tous ces jours où il n’y avait rien d’autre à faire que rester assis sur le pont à cuire dans notre jus, on était une cinquantaine de matelots à passer nos journées sans avoir aucune manœuvre à faire, alors on regardait les autres, les savants et les officiers, on se demandait où ils nous emmenaient exactement car ce n’était pas clair, on crevait d’ennui, on passait nos journées écrasés par la chaleur à crever d’ennui, et comme on s’enfonçait chaque jour un peu plus dans la morosité le capitaine avait décidé que chaque soir le violoniste se mettrait à jouer et que nous tous qui étions affalés sur le pont on devrait danser, alors on dansait puisque c’était un ordre, on dansait parce que soi-disant cela devait nous tirer de notre ennui et de notre tristesse, mais à peine avait-on dansé qu’on se couchait dans nos hamacs avec juste l’envie de dormir et d’oublier le navire et la mer plate autour, avec juste l’envie de rejoindre le pays laissé derrière nous en plongeant dans le sommeil.
Combien de temps on allait tenir comme ça ?



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© Jean Oleric Bensperg_Les Géographes _ 8 décembre 2015

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