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Journal de Kafka (III, 59) : Hier soir tiré la couverture du lit en ayant déjà un pressentiment

troisième cahier, nouvelle traduction


15 XI II Hier soir tiré la couverture du lit en ayant déjà un pressentiment, me suis allongé et pris à nouveau conscience de toutes mes capacités comme si je les avais tenues dans la main ; elles me serraient la poitrine, elles m’enflammaient la tête, afin de me consoler de ne pas me lever pour travailler je répétais pendant un moment : Cela ne peut pas me faire du bien, cela ne peut pas me faire du bien et avec une volonté presque visible j’essayais de me rabattre le sommeil par-dessus la tête. Je n’arrêtais pas de penser à une casquette avec une visière que je baissais d’une main puissante sur mon front afin de me protéger. Combien ai-je perdu hier, comme le sang se pressait dans ma tête étroite, capable de tout, mais retenue seulement par des forces indispensables à ma simple existence, ainsi gaspillées.



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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 25 décembre 2015

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