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Oeuvres Ouvertes : Journal de Kafka (III, 73) : Un rabbin dans le Talmud

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Journal de Kafka (III, 73) : Un rabbin dans le Talmud

troisième cahier nouvelle traduction

Löwy : un rabbin dans le Talmud avait pour principe – très agréable à Dieu en l’occurrence – de ne rien accepter de qui que ce soit, même pas un verre d’eau. Or il se trouva que le grand rabbin de son temps voulut faire sa connaissance et l’invita à manger. Refuser l’invitation d’un tel homme, ce n’était pas possible. Aussi le premier rabbin se mit-il tristement en route. Mais parce que son principe était si puissant, une montagne se mit entre les deux rabbins.



- Löwy : Jizchak Löwy, figure centrale des premiers cahiers du Journal. Après avoir commencé à me documenter sur le personnage en lisant la biographie de Peter-André parue en 2005, j’en apprends un peu plus sur lui dans celle de Reiner Stach parue récemment, plus volumineuse (trois volumes). Fin 1911 - début 1912, Kafka assiste à de nombreuses représentations de pièces yiddish au Café Savoy. Il sympathise avec plusieurs acteurs de la troupe, tombe amoureux de l’une des actrices, madame Tschissik, et à travers eux c’est tout un pan de la culture juive qu’il découvre. La troupe joue des pièces des fondateurs du théâtre yiddish, Abraham Goldfaden et Jakob Gordin, et malgré tous les défauts des textes joués, de la mise en scène et du jeu des acteurs relevés par Kafka dans les évocations qu’il fait de ces soirées dans son Journal, on se rend compte que c’est au théâtre et non à la synagogue qu’il commence à s’intéresser véritablement au judaïsme, tel que transmis par des acteurs naïfs et enthousiastes. Les scènes de théâtre yiddish évoquées dans les trois premiers cahiers nous conduisent tout droit au concept de "littérature mineure" que développe Kafka et qu’on va retrouver dans le prochain cahier (un peu pressé d’y arriver). Et c’est Löwy qui est le passeur de cette culture juive ancienne, non seulement par les pièces qu’il joue avec sa troupe devant Kafka, mais aussi par les nombreuses histoires et les anecdotes qu’il lui raconte, et qui ont trait pour la plupart à cette même culture enfouie, puisque nombre de juifs assimilés ne voulaient plus rien savoir de celle-ci (ainsi le père de Franz méprisait cet acteur juif sans le sou). Kafka, lui, était fasciné par le talent de conteur de Löwy avec lequel il faisait de longues promenades à travers Prague. Il parle du "feu qu’il lui transmet véritablement" en racontant ses histoires, et dans une lettre à Felice Bauer il le qualifie de "juif chaud, comme on dit à l’Est". En février 1912, il présente au public de Prague une lecture de poésie yiddish par son ami. Est-ce un hasard si c’est pendant cette même année que Kafka écrira coup sur coup Le Verdict, La Métamorphose et Amérique ?


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© Laurent Margantin _ 11 janvier 2016

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