Œuvres ouvertes

Journal de Kafka (III, 82) : Telles des personnes d’un rang inférieur

troisième cahier nouvelle traduction

Grâce à l’odeur d’essence d’une voiture venant du théâtre je pus voir avec quelle évidence un bel intérieur (et ne fût-il éclairé que par une seule bougie, cela est bien suffisant avant d’aller se coucher) attendait les spectateurs qui venaient vers moi en arrangeant d’un dernier geste leurs manteaux et leurs jumelles suspendues, mais aussi comme ils avaient l’air d’avoir été chassés du théâtre et renvoyés chez eux, telles des personnes d’un rang inférieur devant lesquelles le rideau s’est baissé pour la dernière fois et derrière lesquelles des portes se sont ouvertes, portes qu’avant le début du premier acte ou à la fin de celui-ci ils ont franchie de façon hautaine en raison d’on ne sait quel ridicule souci.





(fin du troisième cahier)

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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 18 janvier 2016