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Oeuvres Ouvertes : Journal de Kafka (IV, 3) : Un rabbin miraculeux

Oeuvres Ouvertes

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Journal de Kafka (IV, 3) : Un rabbin miraculeux

quatrième cahier nouvelle traduction

Du Talmud : quand un savant va chercher femme, il doit emmener avec lui un amhorez parce qu’étant trop plongé dans son savoir il ne remarquerait pas ce qui est nécessaire. – Grâce à des pots-de-vin, les fils téléphoniques et télégraphiques autour de Varsovie ont été complétés pour qu’ils forment un cercle parfait, faisant de la ville, au sens du Talmud, un territoire délimité, une cour pour ainsi dire, de sorte que les gens les plus pieux puissent se déplacer le samedi à l’intérieur de ce cercle et porter sur eux de petites choses (comme des mouchoirs). – Les réunions des hassidim lors desquelles ils s’entretiennent joyeusement de questions talmudiques. Si l’entretien tarit ou si quelqu’un ne participe pas, on se dédommage en chantant. On invente des mélodies, si l’une d’elles est réussie on appelle les membres de la famille et on répète et étudie avec eux. Lors d’un tel entretien, un rabbin miraculeux qui avait souvent des hallucinations plongea soudain son visage entre ses bras posés sur la table et resta ainsi pendant 3 heures au milieu du silence général. Quand il se réveilla il se mit à pleurer et entonna une marche militaire toute nouvelle et drôle. C’était la mélodie avec laquelle les anges de la mort venaient d’accompagner au ciel l’âme d’un rabbin miraculeux, décédé au même moment dans une ville russe très éloignée. – Selon la Kabbale, les gens pieux reçoivent le vendredi une nouvelle âme, parfaite, céleste et plus délicate, qui reste avec eux jusqu’au samedi soir. – Le vendredi soir, deux anges accompagnent chaque personne pieuse du temple jusqu’à chez elle ; le maître de la maison les salue debout dans la salle à manger ; ils restent juste un moment.





- Nouvelles notes prises par Kafka suite à une conversation avec Löwy. On ne s’étonne pas de le voir s’intéresser aux rabbins miraculeux sujets à des hallucinations quand on sait qu’à la même époque il parle au docteur Steiner de ses propres "états de voyance... aux limites de l’humain".

- L’amhorez est un terme talmudique pour le profane ou l’analphabète, en opposition au savant.

- Le hassidisme est apparu au dix-huitième siècle en Europe de l’Est. Les hassidim prônent la communion joyeuse avec Dieu, par la danse et le chant.

- La Kabbale, de l’hébreu Qabbala, signifiant "réception" ou "tradition". Mystique juive à laquelle se sont d’ailleurs intéressés beaucoup d’auteurs allemands à partir du romantisme. Karl Erich Grözinger est l’auteur d’un livre sur Kafka et la Kabbale où il interprète la thématique du procès à partir de la mystique juive.

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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 24 janvier 2016

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