Éditions Œuvres ouvertes

La webradio littéraire, numéro 9, mars 2016

spécial Dakini

Très heureux et fier d’accueillir le laboratoire Dakini déjà présent dans plusieurs numéros de la webradio. Au sommaire de ce numéro : un entretien avec les deux créateurs de Dakini, Valérie Capdepont et Olivier Bobinnec, et deux créations sonores inédites : un extrait d’Hiroshima mon amour de Marguerite Duras, et un texte dont je suis l’auteur qu’ils ont choisi dans Œuvres ouvertes, Le plus vieil écrivain du monde. Je reprends également deux autres de leurs créations, L’éther de Michaux et Ma vie au village de Serge Marcel Roche.


La webradio littéraire | numéro 9, mars 2016



Laurent : Peux-tu dire en quelques mots ce que sont les dakinis ou plutôt ce qu’elles représentent pour vous ?

Olivier : C’est Valérie qui a choisi ce nom...

Valérie : les dakinis sont des déités courroucées féminines du bouddhisme. Elles ont l’énergie de la colère protectrice qui tranche quand il faut trancher. Ce tranchant est un abandon dans le présent. Elles relient le ciel à la terre et parlent la langue des oiseaux. On ne comprend pas ce qu’elles disent mais on sait que ça parle. Les dakinis instaurent la poésie ici et maintenant, leurs paroles d’avant les langages est un chant...


Laurent : Dakini est né je crois de ta rencontre avec Valérie Capdepont. Peux-tu présenter vos parcours respectifs et dire comment vous sont venues l’idée/l’envie de travailler ensemble ? Quels autres musiciens se sont joints à vous ?

Olivier : Nous nous sommes rencontrés dans une compagnie de théâtre « Les enfants du Paradis ». C’est une compagnie qui existe toujours, elle est situé à Lormont (près de Bordeaux). Personnellement je l’ai intégrée à ma sortie du conservatoire d’art dramatique, j’y ai travaillé pendant 13 ans. Valérie y travaille toujours, en même temps que Dakini.
C’est d’ailleurs la-bas, en travaillant des textes en musique, que nous est venue l’idée de créer Dakini, c’est à dire un projet entièrement dédie à ce rapport, et basé sur l’improvisation. Pour ma part j’étais déjà musicien avant la pratique de l’art dramatique, et j’ai beaucoup travaillé l’interaction texte-musique en créant des compositions sonores pour différents spectacles.



Valérie : Je suis issue du théâtre, avec une pratique du chant et de la danse. L’engagement du corps sous toutes ses facettes m’intéresse, et l’on peut retrouver cette organicité avec le travail sur les matières sonores, la voix bruitée/criée/chantée/chuchotée..., le passage du parlé au chanté, de la parole à la musique.
Dans le cadre d’écritures scéniques (théâtrales principalement), nous avons au fil du temps inscrit la musique dans la parole et la voix dans la musique. Les musiciens qui se sont joints à nous ont une singularité qui peut rencontrer nos singularités. Etre ensemble et singuliers.

Laurent : "Incantation", c’est le mot qui revient souvent quand vous présentez votre travail sur le texte et le son. Je vois que vous interprétez avant tout des poètes. De quels textes êtes-vous partis en particulier, vers quels textes allez-vous (si vous le savez !) ?

Valérie : Incantations appelle, convoque. Les absents ? les esprits ? en tout cas il s’agit d’ouvrir un espace ici et maintenant pour voyager. Les textes d’auteurs sont choisis pour leur langue qui parle au corps. Le fait que ce soient des extraits et non des œuvres avec un début et une fin fait entendre le vif de l’écriture, l’impact des mots. Quand j’entends des bouts de textes à la radio qui me touchent, et que je vais lire les livres dans leur entièreté, je suis parfois déçue. Extraire ainsi du contexte général une écriture, c’est peut-être comme un vol, une prise au vol, la saisie d’une écriture ?



Olivier : C’est Valérie qui choisit les textes. Elle arrive, en général, avec un plein sac ! Lors de séances de répétition-improvisation , on les essaye « au dire » et à la musique. Il s’avère que certains textes se prêtent mieux à cet exercice que d’autres. Certains résonnent plus que d’autres quand on les dit, en tout cas dans notre dispositif bien sûr...et il y a d’autres dispositifs...La musique de Dakini est assez...réflexive...méditative...climatique...l’expérience consiste à se laisser aller et plonger dans des climax... A mon sens elle ne peut s’écouter que comme ça, seul(e), disponible, et prêt à un certain laisser aller...sinon l’expérience n’est pas complète. Le but est justement que le texte puisse se déployer, se donner à entendre et habiter un espace...l’espace est créé par la musique...la voix de Valérie exprime comme une résonance de quelque chose qu’il y a derrière les mots ....quand ça marche ! ;-)

Laurent : Peux-tu présenter vos projets en cours, et dire où l’on pourra prochainement vous écouter ?

Olivier : « Incantation » est un projet en cours...Nous cherchons actuellement des endroits adaptés et désireux de recevoir ce genre de spectacle, de performance.
En attendant nous continuons à développer la sonothèque, sur notre site internet (www.dakini-lab.fr) et avons d’ailleurs créé une page de soutien pour ça sur tipee :
https://www.tipeee.com/dakini
Ceci dit « Incantation » s’est joué récemment à la médiathèque Castagnera de Talence, c’était chouette. A cette occasion nous avons fait une représentation scolaire, l’après midi avec des lycéens. Les profs de Français avaient choisi des textes, issus du programme bien sûr, et nous avons improvisé avec. C’était donc un « Incantation » spécial Rimbaud, Verlaine, Racine, etc. Nous l’avons enregistrée, donc il y aura sûrement quelques extraits à écouter sur notre site, un jour...
Celles et ceux qui ont des idées d’endroits peuvent nous contacter via notre site, twitter ou facebook .


© Laurent Margantin _ 14 mars 2016

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