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Oeuvres Ouvertes : Journal de Kafka (IV, 29) : Ce midi mon père m’a fait des reproches

Oeuvres Ouvertes

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Journal de Kafka (IV, 29) : Ce midi mon père m’a fait des reproches

quatrième cahier nouvelle traduction


14.XII 1911 Ce midi mon père m’a fait des reproches parce que je ne m’occupe pas de l’usine. J’ai expliqué que j’avais participé à cette affaire parce que je m’attendais à en tirer des bénéfices, mais que je ne pouvais pas y travailler tant que je serai pris par le bureau. Le père a continué à me gronder, je suis resté à la fenêtre sans rien dire. Mais le soir je me suis surpris en train de penser – suite à la conversation du midi – que je pouvais être très satisfait de ma situation actuelle et que je devais surtout me garder de disposer de tout mon temps pour la littérature. A peine avais-je soumis cette pensée à un examen plus approfondi qu’elle cessa d’être surprenante et me parut déjà familière. Je me suis dénié la capacité d’utiliser tout mon temps pour la littérature. Il est vrai que cette conviction ne provenait que d’un état passager, mais elle était plus forte que celui-ci. J’ai pensé aussi à Max comme à un étranger, bien qu’il ait aujourd’hui à Berlin une intense lecture publique ; maintenant je me rends compte que je n’ai pensé à lui qu’au moment où je m’approchais de l’appartement de Mlle Taussig pendant ma promenade du soir.




- On rappelle le contexte : Franz et son père (photo plus haut) se sont engagés financièrement dans une usine d’amiante dirigée par le beau-frère de Franz, Karl Hermann (mari de sa sœur Elli). L’usine est située dans le quartier de Žižkov et Hermann Kafka attend de son fils qu’il se rende régulièrement là-bas pour en contrôler la bonne gestion. Ce qu’il ne fait pas avec une grande régularité (lire Hier à l’usine), préférant soutenir les acteurs juifs dont Löwy, à la grande fureur de son père qui voit cette amitié d’un fort mauvais œil. Franz cherche aussi à se garder du temps libre et un peu d’énergie pour l’écriture. Dans un carnet, il note ces quelques mots : "Ma haine du père".

- Le 16 décembre 1911, Max Brod a lu à l’Harmoniumsaal de Berlin ses propres poèmes ainsi que ceux d’un jeune poète pragois, Franz Werfel.

- Mlle Taussig : Elsa Taussig (1883-1942), future femme de Max Brod.

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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 19 mars 2016

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