Éditions Œuvres ouvertes

Jean Vilar (25)

...

Tu restais un moment silencieux, tu nous regardais même pas plongé dans tes pensées, t’essayais un bref instant de suivre l’inconnu dans les fourrés mais tu revenais vite à tes pensées et à ce qu’on t’avait dit sur les manouches, t’aurais bien voulu faire plaisir et pas tout mélanger, continuer à suivre avec nous l’inconnu dans les fourrés mais c’était plus fort que toi, ce qu’on t’avait dit te plaisait pas ça se voyait, alors Tête chauve tu murmurais un nom entre tes dents, juste un nom qu’on entendait à peine, fallait qu’on s’approche pour l’entendre ce nom, on s’approchait, on était tout autour de toi on tendait l’oreille et là on l’entendait le nom : Charlie, rien que ce nom, Charlie entre tes dents, puis tu te taisais et t’attendais qu’on réagisse qu’on dise quelque chose mais nous on disait rien car on savait qu’il fallait te laisser causer de Charlie, tant pis pour l’inconnu qu’on reverrait sans doute plus jamais, fallait qu’on te laisse causer et merde si tout était mélangé maintenant l’inconnu les vieux des pavillons morts anciens les fourrés les manouches et Jean Vilar qui s’éloignait. Merde Tête chauve.

© l_m _ 31 mars 2016

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