Oeuvres Ouvertes

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Le Terrier ou la construction (157)

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Quand je me tiens sur la place forte, entouré par les hautes provisions de viande, le visage tourné vers les dix galeries qui partent de là, chacune en particulier, conformément au plan général, montante ou descendante, droite ou courbe, s’élargissant ou se rétrécissant, et toutes aussi silencieuses et vides et prêtes, chacune à leur façon, à me mener aux nombreuses places, elles aussi silencieuses et vides – alors la pensée de la sécurité est loin de moi, alors je sais exactement qu’ici est ma forteresse, gagnée à force de gratter et de mordre, de tasser et de frapper le sol réfractaire, ma forteresse qui ne pourra appartenir en aucune façon à quelqu’un d’autre et qui est tellement mienne qu’au bout du compte j’y pourrai recevoir sereinement de mon ennemi la blessure mortelle, car mon sang s’infiltrera ici dans mon sol et ne sera pas perdu.


texte traduit

© Laurent Margantin _ 5 août 2016

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