Œuvres ouvertes

Le Terrier ou la construction (225)

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S’accrocher sur cette rotonde, se hisser en haut, glisser en bas, se renverser et avoir de nouveau le sol sous les pieds et jouer à tous ces jeux véritablement sur le corps de la place forte sans que ce soit dans son espace proprement dit ; pouvoir éviter la place forte, pouvoir laisser ses yeux s’en reposer, reporter à une heure plus tardive la joie de la voir et pourtant ne pas en être privé, mais la tenir véritablement entre ses griffes, chose impossible quand on ne peut y accéder que par l’ouverture habituelle ; mais surtout pouvoir la surveiller, être dédommagé de ne pouvoir la voir dans la mesure où, si l’on devait choisir entre le séjour dans la place forte ou dans la cavité, c’est certainement la cavité qu’on choisirait pour le restant de ses jours, pour ne faire qu’y monter et descendre et protéger la place forte.


texte traduit

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 12 octobre 2016