Œuvres ouvertes

Le Terrier ou la construction (249)

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Il m’apparaît lentement que je n’arrive à rien en creusant des petits trous au hasard, je ne fais que saccager les parois de mon terrier, creuse ici et là à toute vitesse, n’ai pas le temps de reboucher les trous, à beaucoup d’endroits il y a déjà des monticules de terre qui bloquent le chemin et la vue, tout cela à vrai dire ne me gêne qu’incidemment, je ne peux désormais ni aller faire un tour, ni regarder aux alentours, ni me reposer, je me suis déjà souvent endormi un bref instant dans quelque trou alors que j’étais en plein travail, les griffes d’une patte restées plantées dans la terre au-dessus dont je voulais arracher un morceau au dernier instant de demi-sommeil.


texte traduit

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 5 novembre 2016