Œuvres ouvertes

Le Terrier ou la construction (263)

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En tout cas je commencerai par réparer les dégâts que j’ai infligés au terrier en creusant dans tous les sens ; cela ne va pas me prendre qu’un peu de temps, mais c’est nécessaire ; si le nouveau trou devait vraiment atteindre son but, il est vraisemblable qu’il soit long, et s’il ne devait pas atteindre son but qu’il soit infini, quoiqu’il en soit ce travail signifie que je serai absent du terrier, ce qui ne sera pas aussi dur que lorsque je m’absente pour aller dans le monde supérieur, je peux interrompre le travail quand je veux et venir chez moi en visite, et même si je ne le fais pas l’air de la place forte soufflera jusqu’à moi et m’entourera pendant mon travail, mais cela veut dire malgré tout que je serai éloigné du terrier et que je l’abandonnerai à un destin incertain, c’est pourquoi je veux laisser le terrier en bon ordre derrière moi, il ne doit pas être dit que moi, qui me suis battu pour sa tranquillité, j’ai troublé celle-ci et ne l’ai pas aussitôt restaurée.


texte traduit

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 19 novembre 2016