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Oeuvres Ouvertes : A voix haute (1) : Goldschmidt, Kofler, Brea, Quintane

Oeuvres Ouvertes

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A voix haute (1) : Goldschmidt, Kofler, Brea, Quintane

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Quatre lectures que j’ai eu envie de partager face caméra, à voix haute :

- Un livre de Georges-Arthur Goldschmidt, essentiel pour toute personne qui s’intéresse à la philosophie allemande et à Heidegger en particulier, mais surtout à la langue allemande. Le grand traducteur (Handke, Kafka, Nietzsche) et auteur d’une œuvre autobiographique capitale, hantée par la barbarie nazie à laquelle il a échappé de justesse quand il était enfant, analyse la langue même du philosophe de Fribourg dans Être et temps. Sans Goldschmidt et son essai Quand Freud voit la mer (1988), pas sûr que je serais devenu germaniste.


- Hommage à Werner Kofler, disparu il y a cinq ans, le 8 décembre. Je lis un chapitre de Derrière mon bureau, un voyage dans l’histoire allemande au cours duquel l’auteur autrichien retrouve plusieurs de ses compatriotes impliqués dans les crimes nazis, Waldheim notamment. J’ai souvent pensé à Kofler ces derniers mois de régression politique en Autriche (il est probable que le FPÖ, malgré son échec lors des élections présidentielles, parvienne à s’emparer de la chancellerie en 2017). Après Bernhard, dans une certaine proximité avec Elfriede Jelinek, Kofler s’attaque à l’histoire autrichienne, lui qui est né et a grandi en Carinthie, fief du leader d’extrême-droite Jörg Haider. Quand je l’ai rencontré à Vienne en juillet 2010 (photo plus haut), il s’est toutefois démarqué de Berhard : "Toujours la même chose, un monologue interminable". Kofler s’était engagé dans une autre écriture, polyphonique, charriant les voix les plus diverses où se perdent ensemble narrateur et lecteur. Ce n’est pas forcément facile à lire à voix haute, mais il faut s’y risquer.


- Après les nouvelles de Méduses et son Roman dormant, Antoine Brea vient de publier un "thriller judiciaire" dont je lis quelques pages de la première partie. J’ai été assez impressionné par l’écriture sobre et élégante de ce récit d’une centaine de pages. Difficile d’en sortir une fois qu’on l’a commencé, et même quand on l’a fini. Le narrateur et personnage principal, un jeune avocat, est chargé d’une affaire impliquant deux immigrants kurdes condamnés et emprisonnés pour avoir violé et assassiné une aide-soignante originaire d’Alsace. Cette histoire est authentique, et Brea sait de quoi il parle puisqu’il est lui-même avocat et bâtit sa "fiction" à partir d’une expérience vécue. Au-delà du "fait divers", il nous plonge progressivement dans la réalité de la justice française, mais aussi dans une histoire plus large (avec en arrière-plan la Turquie) où se mêlent questions d’honneur ancestrales et problématiques (géo)politiques. On peut également lire quelques textes d’Antoine Brea dans Œuvres ouvertes.


- Lu et relu il y a quelques jours seulement : le nouveau livre de Nathalie Quintane, Que faire des classes moyennes ? Empoigné dès les premières pages par ce texte accusateur (et auto-accusateur puisque l’auteure, enseignante, "appartient" elle-même à la classe moyenne). Lisez-le vous-même à voix haute, et vous serez saisi par le rythme de cette écriture qui est avant tout prise de parole : et si les classes moyennes (au pluriel puisqu’elles existent à différents stades dans des pays plus ou moins "développés, l’auteure se tournant vers la réalité africaine dans un chapitre saisissant), et si les classes moyennes étaient devenues un danger pour la démocratie alors qu’elles sont perçues, d’un point de vue historique, comme la condition de son émergence et de son développement ?

Mise en ligne le 17 décembre 2016

© Laurent Margantin _ 23 décembre 2016
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