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Oeuvres Ouvertes : Léon Dierx prince des poètes

Oeuvres Ouvertes

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Léon Dierx prince des poètes

6 extraits d’un travail en cours

Léon Dierx, né à Saint Denis de la Réunion le 31 mars 1838, mort à Paris le 11 juin 1912. Elu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898, il fait partie de l’école parnasienne qui réunit — parmi d’autres — Catulle Mendès, Sully Prudhomme, José-Maria de Heredia. Il est l’ami de Guy de Maupassant et d’un autre poète venu de la Réunion, Leconte de Lisle. Inutile de préciser qu’on ne lit plus sa poésie aujourd’hui.

Sa maison natale — aussi celle de Raymond Barre — est située dans la plus belle rue de Saint Denis, la rue de Paris, qui descend jusqu’à l’océan. Je passe devant tous les jours, ainsi que devant le musée Léon Dierx et le buste du poète à l’entrée. C’est Manfred Frank, le philosophe allemand dont j’ai suivi l’enseignement à Tübingen, qui m’a parlé de la poésie de Léon Dierx lors de son séjour à la Réunion il y a quelques années, et notamment de ce poème qu’il cite dans l’un de ses livres (Die unendliche Fahrt) où il étudie le thème du voyage infini et la figure du vaisseau fantôme dans la littérature des dix-neuvième et vingtième siècles :

Je suis tel qu’un ponton sans vergues et sans mâts,
Aventureux débris des trombes tropicales,
Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales,
Sur une mer sans borne et sous de froids climats.

Rimbaud avait lu Dierx, qui était considéré comme un poète majeur de son temps. Sans doute s’est-il souvenu de ce poème en écrivant Le Bateau ivre.

Il n’empêche que c’est toujours curieux, ces lieux, ces villes où l’on rend hommage — par l’architecture, la sculpture — à tant d’écrivains qu’on ne lit plus, qu’on ne lira sans doute plus jamais. On songe alors que 99% de ce qui fait parler et de ce qui est admiré aujourd’hui finira oublié comme Dierx, mais heureusement sans musée ni statue, car alors la terre entière en serait bientôt couverte.

De Dierx, il reste une légende parisienne dont on retrouve quelques éléments ici et là. A propos de Baudelaire venu jusqu’à la Réunion, des histoires souvent fantaisistes ont été colportées par des contemporains. C’est comme si tous les poètes — qu’ils deviennent célèbres ou finissent oubliés — pouvaient avoir le même destin : se transformer en une espèce de personnage de fiction. Alors cela m’a donné envie d’écrire une vie de Dierx, par petites touches, j’en ai mis six extraits en ligne sur YouTube, cela fait partie d’un ensemble en cours d’écriture, mais dans une configuration nouvelle où la musique — plus que l’image — devrait jouer un rôle important. Une chose est sûre : mon Dierx ne ressemblera guère à celui du buste de la rue de Paris, encore moins à celui de la légende forgée par les hommes de lettres de son temps, qui manque singulièrement de rock’n roll.






© Laurent Margantin _ 11 septembre 2017

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