Éditions Œuvres ouvertes

Journal de Kafka (I,98) : Cela m’effraie à chaque fois

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Octobre 1911 Cela m’effraie à chaque fois, quand les acteurs me convainquent par leur présence que la plus grande partie de ce que j’ai écrit sur eux jusqu’alors est faux. C’est faux parce que j’écris sur eux avec un amour invariable (c’est seulement à présent en l’écrivant que cela devient faux aussi) mais avec une force variable, et que cette force variable ne sonne pas de façon perceptible et juste au contact des acteurs réels, mais se perd vaguement dans cet amour qui ne sera jamais satisfait de cette force, et qui, parce qu’il la retient, croit protéger les acteurs.

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 20 mars 2018

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