Œuvres ouvertes

Du lieu à l’être (3)

L’offrande du jour

L’offrande du jour est un ciel

qui est le temps

et toute lumière

et les couleurs révélées.

Jours passés

jusqu’à ces nuits sans sommeil

dans l’accueil d’une mémoire perdue

qui se compose à présent sans hasard.

Car le plus précieux

et même sa souffrance

échappent à toute prise, à celui qui se raidit,

si loin de soi qu’avant l’oubli lui-même

c’est l’ici qui le fuit

absence amère et sans remède.

Combien alors est nécessaire la compassion

pour ceux qui - chambres fortes impénétrables -

sont fermés à leur douleur même

et ne le savent pas. Et comment

de ce trésor trouver le seuil, et l’accès ?

n’y faut-il pas ce consentement, et ce soin, sans

tension, cette attention et cette affirmation,

qui ne sont pas conquis,

seulement offerts, avec la douleur,

comme elle silencieux.

Aussi gratuits que le don bleu, et blanc, et gris

du ciel

et les pousses si légères de la vigne vierge.

Comment pourrait-il ne pas en être ainsi ?

© Marc Bonneval _ 23 mai 2010