Œuvres ouvertes

L’ami si proche : Marc Bonneval (4)

Je me souviens de Marc Bonneval au lycée polyvalent de Cergy – un lycée tout récent qui accueillait des adolescents des villes de banlieue environnantes – comme d’un homme calme, posé, parlant et répondant à vos questions avec une grande attention et en vous regardant dans les yeux avec dans les siens l’air interrogatif ou hésitant qui ne le quittait jamais vraiment. Nous avions huit heures de philosophie par semaine avec lui cette année de Terminale. J’ai déjà écrit que nous avions lu de nombreux (...)

Je me souviens de Marc Bonneval au lycée polyvalent de Cergy – un lycée tout récent qui accueillait des adolescents des villes de banlieue environnantes – comme d’un homme calme, posé, parlant et répondant à vos questions avec une grande attention et en vous regardant dans les yeux avec dans les siens l’air interrogatif ou hésitant qui ne le quittait jamais vraiment. Nous avions huit heures de philosophie par semaine avec lui cette année de Terminale. J’ai déjà écrit que nous avions lu de nombreux extraits d’œuvres, mais aussi des lettres ou essais d’Epicure, de Kant et d’Auguste Comte.

Pour nous, Marc Bonneval était habillé en intellectuel parisien, costume et imperméable, cheveux courts et barbe bien taillée, je ne me souviens plus s’il portait une cravate. Il venait chaque jour en voiture depuis la capitale, en 4x4 – ce qui n’était pas fréquent dans les années 80. Je saurai plus tard qu’il avait cette voiture parce qu’il se rendait souvent dans un coin d’Italie où il devait rouler sur des chemins pour se rendre à une tour où il aimait passer ne serait-ce que quelques jours (cette tour, je la retrouve aujourd’hui dans son poème Du lieu à l’être).

Pendant la pause du midi, je l’ai souvent vu revenir d’une promenade solitaire dans la ville nouvelle, ou bien, plus curieusement pour moi, il marchait autour du lycée en compagnie d’un professeur de mathématiques plus âgé que lui, réputé pour sa sévérité et à propos duquel circulait la rumeur qu’il poursuivait des recherches ardues dans sa spécialité. Un mathématicien et un philosophe devisant ensemble, cela intriguait. J’ai le nom du professeur de mathématiques au bout des doigts, mais ne suis plus sûr.

Le 7 décembre 2008

Bonsoir Laurent,

Merci beaucoup pour votre célérité (et celle de votre amie Gabi) pour traduire ces textes. Merci aussi pour la vanille (je ne bois pas d’alcools, un verre de vin parfois, on trouve des rhums agricoles en Andorre, mais malgré le climat frais de l’Ariège, je sais combien il faut se méfier de ce type de boissons, donc merci pour l’intention, mais mieux vaut éviter dans mon cas (pour aller plus loin dans la confidence, mon père après avoir été un malade alcoolique que j’ai dû conduire à plusieurs cures de désintoxication, devenu abstinent, et d’ailleurs vice-président national d’une association d’anciens alcooliques, est encore trop présent à ma mémoire pour que je ne méfie pas de ce type de boissons, et pourtant il est mort il y a plus de douze ans, d’un cancer de la gorge, maladie dont l’étiologie est connue pour renvoyer aux deux addictions qui étaient les siennes), quoique la maladie qui est la mienne semble n’avoir aucun lien avec l’alcool, que d’ailleurs aucun médecin ne m’a déconseillé...
Ce que vous dites de l’inquiétude des parents d’élèves me rappelle quelques douloureux souvenirs (liés à l’étude des Liaisons dangereuses... en classe de première ! sans parler d’En attendant Godot...

Journée contrastée (j’ai renoncé à jouer le paparazzo en planque à Bénac, morne village collinaire où réside la famille de la nouvelle Miss France, après avoir constaté de visu qu’aucune agitation particulière ne s’y manifestait, et que le téléphone familial résonnait dans une maison vide) il me semblait davantage dans mes cordes d’aller interviewer des auteurs et éditeurs rassemblés à la Fête du Livre aux Forges de Pyrène, excellent musée vivant de techniques et métiers populaires (y compris une vraie forge à martinet), sis à Montgailhard, et dont je viens de rentrer avec une belle moisson de livres, dédicaces et photos des auteurs qui feront la matière de quelques articles du nouveau correspondant local du petit Journal, qui paraîtra pour la première fois dans l’Ariège le 13 décembre...
Bonnes vacances, en vous les souhaitant à l’écart des cyclones.

Merci à nouveau.

Bien amicalement.

Marc

Le 8 décembre 2008

Cher Laurent,

Je rentrais d’expédier Eichendorff lorsque la "factrice"a sonné pour me livrer cette ample moisson de texte. Merci, beaucoup. Je vous promets de les lire, mais je dois reconnaître que ces jours-ci mes activités variées me bousculent un peu et que j’ai du mal à retrouver le temps de lire...

Merci encore

à bientôt

Marc

Le 20 décembre 2008

Bonsoir Laurent, et merci,

Des textes sur des auteurs ? je vais regarder (ce qui traîne dans les ordinateurs). J’ai lu la bio de Valéry dont vs avez rendu compte ds la Quinzaine, donc j’imagine que l’on ne peut rien dire de plus (?) ; j’ai commencé celle de st john perse, mais je dois dire que pour l’instant le Petit Journal m’occupe beaucoup (deux pages entières, c’est beaucoup, pour moi plutôt habitué à parler qu’à écrire, et chaque article a été rédigé (rapidement) à l’occasion d’une rencontre qui, elle, est dévoreuse de temps (téléphoner, y aller...) et en même temps, bien souvent occasion d’une vraie rencontre avec des gens extraordinaires, à propos desquels il faudrait évidemment pouvoir écrire dix fois plus...). Enfin tout ça est passionnant, et donc prenant.

Nous ne bougerons pas de Montgailhard pour les fêtes (j’ai horreur du mot et de la chose, le consumisme (italianisme ?) obligé, les lampions et minuit chrétien, les sapins), et j’espère pouvoir surmonter la période
sans rien changer à mon mode de vie !

Bien à vous.

Marc

Le 3 janvier 2009

Cher Laurent,

Merci pour l’envoi, je vous ferai savoir lorsqu’il arrivera.

J’ai commencé à regarder votre manuscrit sur le site de L. Scheer ; si cela vous intéresse, j’adore corriger, et dans mes brèves incursions (j’avais un mini ordinateur à l’écran format A5, assez peu confortable), j’ai repéré des coquilles... S’agit-il bien de L’enfant-neutre ?)

Réfléchissant à votre question de savoir si j’aurais des textes disponibles sur des écrivains, je n’ai pas trouvé grand-chose (je pense vs avoir déjà envoyé deux textes sur Char, une note introductive à l’édition bilingue et illustrée de La Fontaine narrative, en 2001, et une "présentation" de Char écrite pour un hommage rendu à Turin en octobre 2007.

En revanche, j’ai retrouvé trois textes hétérogènes, mais qui tournent autour de la photographie (très vieille passion pour moi, vers l’âge de dix ans je me voyais bien photographe animalier... puis j’ai appris à développer agrandir, tirer... tout ça s’est terminé avec une hausse vertigineuse du prix du métal argent, vers 1972, si je me souviens bien, et je me suis mis à faire bêtement de la photo couleur que je donnais à tirer dans ces officines passe-partout qui ont alors poussé comme la mauvaise herbe ; je m’étais aussi lancé dans le cinéma...) ; ils sont hétérogènes, et accrochés à la va comme je te pousse (en fait, l’un de ces textes, la note 4, est une suite de notations de rêves qu’appelle le texte de Barthes, mais il n’y est plus question de photographie, plutôt de (ma) mère, et de (la) mort... j’ai essayé de faire un montage, mais l’ordinateur refuse absolument de le digérer, se coince, je vous livre donc ça dans le désordre, sous une forme séquentielle qui ne me plaît guère), chronologiquement, le texte 3 est le plus ancien (1983), mais tout à fait indépendant de Barthes (que je n’ai lu qu’en 2007, trois mois après la mort de ma mère), le n°2 est juste une suite de citations). Dites-moi soit ce que vs en pensez, soit ce que vs pensez de leur "publicabilité" éventuelle. Je vous fais à cet égard toute confiance, et ne me vexerais de rien. En revanche, ne faites rien sans m’en aviser d’abord (je n’aimerais pas les publier sous mon nom, du fait de leur caractère "intime"...).

Je vous joins aussi les trois articles publiés aujourd’hui dans le Petit Journal, sans les photos, je n’ai pas encore scanné, toujours du fait de problèmes d’ordinateurs...

Bien à vous, meilleurs voeux (je vous en ai adressés par la poste, je n’ai pas idée du délai) pour cet an neuf.

Marc

Le 7 janvier 2009

Hier, neige toute la journée, avec -1 (-10 à Paris, -13 à Berlin, -18 à Ljublana !), et aujourd’hui, ça tient dans le jardin. Parfait pour écouter un ami venu de Paris qui joue Chopin, Ravel et Debussy pour moi ! Avec du thé (de l’Assam, pour la couleur !).

Bien à vous.

Marc

Le 7 janvier 2009

Le paquet parfumé vient d’arriver : un grand merci. Bon repos.

Coïncidence extraordinaire : votre paquet m’est donné par la préposée en même temps qu’un autre : une truffe noire, envoyée de Paris par un ami qui a une résidence en Bourgogne.

A bientôt.

Marc

Le 8 janvier 2009

Cher Laurent,

Ici, ce sont la neige et la glace qui commencent à bloquer la circultion routière, mais aussi ferroviaire, et peut-être même aérienne...

Pour la publication de cet ensemble de textes autour de la photographie, je vous fais toute confiance et vous laisse toute liberté : effectivement, si vous parvenez à intégrer la note 4 au texte, d’une façon ou d’une autre, ce sera mieux, mais j’ai abandonné mes efforts de montage devant les réticences de mon matériel informatique. En revanche, je tiens aabsolument à l’intervention d’un pseuonyme, qui doit être : Camille Joffres. Je vous expliquerai (pourquoi un pseudo et pourquoi ce choix) si ça vs intéresse ).

Je ne connais pas Les vanilliers, je n’ai lu, de Limbour, que Dans le secret des ateliers...

Pour la lecture-correction de L’enfant neutre, je m’y mets demain, surtout si les routes sont bloquées !

Bonne fin de vacances, bien à vous.

Marc

Le 9 janvier 2009

Cher Laurent,

Je rentre de la gare où j’ai raccompagné un ami parisien (philosophe et musicien, ex-professeur au Lycée Kastler...) qui a passé plusieurs journées avec nous, dans l’Ariège qu’il ne connaissait pas. Il a relu ces textes autour de la photographie et je voudrais tenir compte de ses remarques, donc réviser un peu l’ensemble ; je vois aussi que je ne vous ai pas proposé de titre... donc un peu de patience, je vous renverrai tout ça avec les propositions de corrections pour L’enfant-neutre. Cet ami m’a aussi suggéré de lire un livre de Barthes annoncé par les gazettes (330 fiches autour de la mort de sa mère) et de vous en proposer un compte-rendu... je vais voir, et dites-moi si c’est susceptible de vous intéresser, mais d’ordinaire j’écris plutôt à l’impulsion.

J’ai eu des journées chargées, pour quelqu’un qui est en congé maladie : à 9h au Conseil Général de l’Ariège pour deux conférences de presse successives, et assister à l’introduction de la séance plénière (budget 2009 du département), et -7° au départ (déneiger et déglacer la voiture...), retour vers midi en allant au passage faire des photos et une mini-interview dans un magasin qui vend le Petit Journal (hier, journée consacrée à lécriture de deux articles consistants pour le prochain n°), après-midi chez la veuve du peintre inconnu, qui a laissé 1400 tableaux, dont personne ne sait rien, et où j’ai pu regarder une cinquantaine de toiles, prendre des photos, survoler des carnets de notes, des esquisses (je lui ai déjà consacré deux articles, je compte continuer, mais la masse est intimidante, il a peint pendant plus de cinquante ans, il y a toute une période très proche de ce en quoi je (me) reconnais, des peintres que j’aime (de Staël, Poliakoff, Miotte......), et très proche aussi de ce que je "fais" quand je peins (au cours des vingt et quelques dernières années, j’ai par moments consacré parfois beaucoup de temps à peindre, jamais assez évidemment, ni assez régulièrement)). Etc.

A bientôt.

Amitiés.

Marc

Le 10 janvier 2009

Bonsoir Laurent,

deux pièces jointes : une très brève liste de propositions de corrections pour L’enfant neutre ;

une version révisée, titrée... de mes textes autour de la photographie, et corrigée, ça me semble mieux ainsi, dites-moi ce que vous en pensez.

Amitiés.

Marc

© Laurent Margantin _ 26 mai 2010

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