Œuvres ouvertes

Pour Léo Scheer, le livre est "génial et irremplaçable" - et l’éditeur ?

C’est dans Media Junkie, "le débat des nouveaux médias"

Normal qu’un éditeur papier défende le livre papier, son gagne-pain, même si cet éditeur fait quelques expérimentations du côté d’internet, tout en maintenant bien la frontière : le format numérique, c’est gratuit, seul le texte sur papier mérite d’être vendu.

Ce que Léo Scheer et les éditeurs traditionnels en général ne mesurent pas, mais alors pas du tout, c’est qu’en dix ans le champ littéraire - conçu comme un réseau d’expérimentations formelles et de réflexions sur ce qu’est la littérature - s’est déplacé sur le net, et qu’ils en sont exclus - sauf à "rétropublier" de manière sporadique et inoffensive des oeuvres transmises par leur propre site - simple changement de procédure, mais en rien d’écriture.

Pour reprendre l’image de Foucault, on peut parier que l’éditeur s’effacera, comme à la limite de la littérature un visage de sable, et qu’il s’y effacera avec encore à l’esprit son livre papier idéal, "génial et irremplaçable" [1]. Et ce faute d’avoir reconnu internet comme l’espace où, quotidiennement, se déploient de nouvelles formes littéraires, lesquelles n’ont pas pour destin de finir en livres et en librairies, mais simplement d’être lues, et pour cela, oui, bien vu Léo, plus besoin d’abattre des arbres.

Merci à Serge Velay pour la photo

© Laurent Margantin _ 26 juin 2010

[1Voir à ce sujet ce billet de La feuille : "...l’éditeur est en train de disparaître, quoi qu’on en dise"

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