Œuvres ouvertes

Quelques réticences et critiques à l’encontre du projet Publie.net et des prises de position de François Bon sur l’édition en général / Dominique Fagnot

Suite à nos prises de position en faveur du numérique, Dominique Fagnot, qui dirige les éditions Absalon, nous avait proposé un entretien que nous avions refusé. Nous donnons ici cette contribution comme un "droit de réponse" exposant les raisons d’ un éditeur refusant résolument la mutation de l’édition vers le numérique, comme souvent diabolisé au nom d’une qualité littéraire qui est, selon nous, de plus en plus le fait de petites structures présentes sur internet et s’emparant de nouveaux outils, quitte à transgresser les saints commandements de l’édition traditionnelle.

I. La question de la littérature étrangère et des traductions.

Tout d’abord, je pense que le basculement (la bascule dirait François Bon) vers le numérique de la littérature exigeante, si c’est ce que l’avenir nous réserve, signera à court terme la mort de la traduction et à plus long terme de toute littérature exigeante [1] . Les revenus générés par la vente en ligne telle que la pratique publie.net ne seront jamais à la hauteur des prétentions des bons traducteurs. Les auteurs ne savent pas, en règle générale, qu’un traducteur est payé de manière attractive. Ainsi nos traducteurs se voient verser des à-valoir qui s’élèvent à en moyenne 5000-6000 €, peu d’auteurs dont les ouvrages ont de faibles espérances de vente peuvent prétendre aux mêmes avances. Je suis sûr que les bons traducteurs n’accepteront jamais de renoncer à cet à-valoir au profit d’un simple retour sur les ventes même s’il est de 50 % (les textes électroniques sont proposés sur publie.net à environ 5 ou 6 €, il faudrait atteindre au moins 2000 exemplaires vendus pour obtenir la même rémunération...). Or, sans bons traducteurs, il n’y aura plus d’accès aux littératures étrangères (une mauvaise traduction est une calamité). Comme Laurent Margantin, certains pratiqueront la traduction de manière bénévole ou quasi-bénévole, mais ceci ne pourra concerner que des textes hors-droit, car je vois mal les maisons d’édition étrangères renoncer à l’une de leur source de revenus, les cessions de droits. La traduction des auteurs contemporains ne peut, pour le moment, n’être que le fait des maisons d’édition traditionnelles. À moins que les structures telles que publie.net acceptent de payer le montant des cessions de droits et que les maisons d’édition étrangères consentent à vendre les-dits droits à une structure ne faisant que de l’édition numérique, condition bien improbable.

Prenons un exemple concret : la traduction de Grains de pollen de Novalis réalisée par Laurent Margantin coûterait environ 900-1000 €, s’il était payé selon les tarifs que nous appliquons, l’impression d’un tel ouvrage reviendrait à environ 1000 € pour 1000 exemplaires. Les Grains de pollen en édition traditionnelle représenterait donc en gros un investissement de 2000 € (l’existence d’autres traductions sur le marché interdit de penser que le CNL puisse subventionner le texte). Or, il serait difficile de vendre un tel livre (48 pages) beaucoup plus de 7 €, c’est-à-dire qu’une fois la remise libraire et les frais de diffusion/distribution déduits (60% du prix du livre) il resterait à l’éditeur 2,80 €, Il faudrait donc vendre plus de 700 exemplaires du livre pour qu’il arrive à l’équilibre financier (et encore tout le travail d’édition, à savoir la relecture et les corrections ainsi que la mise en page réalisée en interne ne serait pas rémunéré…).

Or, les traductions de littérature exigeante sont presque toujours déficitaires (Verdier ne vend en moyenne que 500 à 600 exemplaires des ouvrages de sa collection Der Doppelgänger ; en cinq ans une grosse maison d’édition n’a vendu que 467 exemplaires d’un recueil de quatre pièces de Kleist,…) [2] . En effet, même avec le système des aides à la traduction, il nous [i.e. les éditions Absalon] faut vendre environ 700 exemplaires d’une traduction pour atteindre le point d’équilibre. Or, un ouvrage comme Automne, liberté, de Werner Kofler, s’est vendu à seulement 200 exemplaires ; et les prévisions pour Derrière mon bureau, du même Kofler, sont plus décevantes, alors même que sa couverture par la presse, la radio et les blogs [3] a été meilleure. Un éditeur ne peut donc publier de tels ouvrages que si il fait paraître des textes qui lui coûtent moins cher par ailleurs (ou faire des coups commerciaux, mais cela n’entre pas dans mon propos). Deux solutions s’ouvrent à lui ou rééditer des textes (voie que nous avons choisie), ou publier des auteurs français contemporains (ce que nous aimerions faire, mais l’indigence de la plupart des manuscrits que nous recevons nous l’interdit pour le moment) ; reste encore la solution de publier des ouvrages universitaires largement subventionnés. Quoi qu’il en soit cette question de la traduction est le point aveugle de tous les discours vantant la supériorité de l’édition numérique sur l’édition traditionnelle.

II. Des contrats d’édition et des éditeurs comme instances de légitimation.

Mon deuxième point d’achoppement avec François Bon, est sa revendication au nom des auteurs de contrats d’édition d’une durée de dix ans (durée qui me semble bien courte du point de vue de la vraie littérature) [4] [5] . Ce point est pour moi inacceptable, car d’une part, il revient à faire entrer la littérature dans le cycle des produits marchands (nous avons déjà assez à faire avec certains libraires qui considèrent qu’un livre qui ne s’est pas vendu dans le mois est « périmé »), et d’autre part, il interdit à tout éditeur de faire un pari sur le futur d’une vraie écriture. Je ne pense pas que Beckett se soit très bien vendu les dix (je devrais dire les vingt) premières années. Jérôme Lindon aurait-il accepté un tel auteur si celui-ci lui avait signifié qu’au bout de dix ans, il pouvait reprendre ces textes et aller voir ailleurs ? Que ce genre de contrat, plus proche de mon point de vue d’une logique d’agent littéraire que de celle d’un auteur, s’applique aux « publieurs » [6] , je n’y vois aucun problème, de toutes façons, ils ne raisonnent déjà plus sur des durées aussi longues ; mais un vrai éditeur (il n’en reste plus beaucoup, mais je crois en être) ne peut entériner de telles pratiques.

Antoine Volodine : Biographie comparée de Jorian Murgrave, 1985, Bardo or not Bardo [7] , 2004 ; François Bon : Sortie d’usine, 1982, Deawoo, 2004. Vingt ans pour inscrire durablement un auteur dans le paysage littéraire. Et que l’on ne vienne pas me dire que les éditeurs n’y sont pour rien. En ce sens je trouverais parfaitement immoral, contraire à toute exigence éthique (je sais que de tels mots ont perdu toute valeur d’échange), qu’un auteur qui doit sa reconnaissance au travail d’une maison d’édition, cherche une fois son renom assuré à revendre, pour des raisons purement commerciales, ses titres à d’autres éditeurs.

Il est vrai que certains éditeurs conservent les droits de leurs auteurs, sans chercher à distribuer ou même à réimprimer les ouvrages en question, et c’est déplorable. De plus, c’est à l’auteur de demander, par lettre recommandée, à l’éditeur de republier, alors qu’il serait plus sain que l’éditeur qui ne republie pas, rende automatiquement ses droits à l’auteur. De même, il est logique qu’un auteur puisse changer d’éditeur en cas de désaccord ou même au bout d’un certain temps (de toute façon le contrat d’exclusivité sur l’ensemble de l’œuvre à venir est illégal – sauf pour le théâtre, ce qui n’est pas normal).

Il me semble difficile de prétendre que même les petits éditeurs ne sont plus prêts à prendre les risques de publication d’écritures nouvelles ou d’expérimentations littéraires (j’aimerais recevoir un manuscrit dont je puisse dire qu’il fait entendre une voix nouvelle), si dans le même temps on ne leur laisse pas le temps (contrat à court terme) de faire valoir ces textes. Les petits éditeurs ont déjà l’habitude de voir leurs auteurs partir vers de plus grosses maisons dès qu’une certaine reconnaissance commence à se dessiner, si en plus ils ne peuvent plus profiter des fruits de leur travail autant ne pas publier d’auteurs contemporains…
Dernier point, qui est déjà sous-entendu dans ce qui précède, François Bon et bon nombre d’adeptes d’Internet, prétendent que l’éditeur en tant qu’instance de légitimation est une réalité dépassée et que c’est l’interaction directe entre l’auteur et le lecteur, par l’intermédiaire du web, qui doit remplacer ce rouage, devenu inutile, de la machine littéraire. Ce discours revient en quelque sorte à déclarer que tout le monde peut juger de la littérature et que tous les jugements se valent. Or, le bon goût n’est pas, me semble-t-il, la chose la mieux partagée ; ce serait plutôt l’inverse. Le jugement de goût est le résultat d’une culture et d’une fréquentation tant des œuvres que des textes critiques (cette conception est en gros celle de Hume dans De la norme du goût). De plus, il y a là une sorte de reflet des conceptions économique libérales, puisque cela revient à considérer que la main invisible des utilisateurs du web, des lecteurs sera aussi sûre que les instances de légitimation qui jusque lors prévalaient. Je ne nie pas que certaines de ces instances de légitimation traditionnelles soient profondément en crise, le cas de la critique journalistique, à part quelques exceptions, est à cet égard révélateur. Mais, penser que la communauté des lecteurs et des internautes puisse remplacer ces instances déficientes est au mieux naïf au pire démagogique. Publier chez un vrai éditeur, ayant une reconnaissance, reste et restera un gage de qualité littéraire.

III.Coda : Vive l’édition numérique !

Enfin, par cynisme ou kunisme, je ne sais trop, je suis plutôt favorable au livre électronique, mais pour des raisons totalement opposées. Je pense que les textes électronique seront avant tout lus sur des outils non dédiés (type iPad ou autres) et s’adresseront en majorité aux non-lecteurs. Comme les seules entreprises qui gagneront de l’argent avec ce genre de pratiques seront les constructeurs d’appareils et les grandes boutiques en ligne, les « publieurs » et les « pseudo-libraires » risquent fort de payer cette évolution. Ce ménage, qui permettra de conserver la cinquantaine de vraies librairies françaises et qui éliminera nombre de « publieurs », quelque soit leur taille (car je ne crois pas qu’être « petit éditeur » soit un gage de qualité, loin de là), me paraît salutaire et redessinera une nouvelle carte de la littérature. Le seul risque est que même les vrais éditeurs et les vrais libraires en fassent les frais ; mais ils font déjà les frais de la surproduction éditoriale et des pratiques commerciales des « publieurs ». Dans un certains sens, l’expérience de rétro-publication de Léo Scheer est peut-être l’avenir des « publieurs » : tester un produit avant de prendre un quelconque risque commercial (cette conception du commerce littéraire n’a pas grand-chose à voir avec notre activité). Mon point de vue est renforcé par deux évolutions actuelles du web, à savoir d’une part l’emprise commerciale sur cet outil, et d’autre part, par un effet boomerang, le culte de la gratuité développé par certains. Or, la culture n’est ni un pur produit commercial, ni quelque chose de gratuit, ne serait-ce qu’en raison du capital culturel qu’elle exige de la part des acteurs (aussi bien auteurs, artistes que lecteurs, spectateurs ou auditeurs).

Pour finir, une définition inspirée des Sardinosaures de Jacques Roubaud et Olivier Salon :

HIBOUC : n. m. Animal hybride qui tient tout à la fois du cousin de l’oiseau de Minerve, bien que la sagesse ne l’habite qu’en surface, et de l’animal émissaire, qui sur l’autel du Veau d’Or nous lavera de notre dernier péché : la culture.

© Dominique Fagnot _ 14 août 2010

[1L’accès à la littérature étrangère a un rôle décisif dans l’évolution et l’ « universalisation » des littératures nationales ; de plus, elle est une source de légitimation pour les auteurs étrangers, surtout lorsqu’ils relèvent d’une littérature « mineure » (c’est le cas des Autrichiens par rapport aux Allemands). À ce sujet, le livre de Pascale Casanova, La République mondiale des Lettres est particulièrement éclairant.

[2« Beaucoup de livres allemands se vendent péniblement à quelques centaines, voire quelques dizaines d’exemplaires », Bernard Lortholary, à propos des ventes de Gallimard lorsqu’il faisait partie du comité de lecture ; « je travaille dans un domaine, la littérature allemande, où pratiquement rien ne se vend ; où on dépasse difficilement mille exemplaires », Jean-Yves Masson, directeur de la collection Der Doppelgänger chez Verdier (citations extraites d’entretiens publiés dans Texte im/en Transit, V. de Daran et E. Pfeiffer (dir.), Hamburg, 2009, Verlag Dr. Kovač).

[3Blogs qui ne sont donc pas plus prescripteurs que les médias traditionnels…

[4La question des droits numériques m’est assez indifférente, mais je ne pense pas que 20% voire 25 % pour l’auteur soit exagéré, puisque dans l’édition papier, une fois la remise libraire et les frais de diffusion/distribution déduits c’est en gros ce qui est versé à l’auteur (10% sur le prix public, revient à 25% sur les 40 % restant à l’éditeur une fois le livre vendu).

[5Je ne nie pas le problème bien réel de la rémunération des auteurs, mais je pense pas que la solution soit à chercher de ce côté. Les lectures devraient être payées, les bourses et résidences d’écrivains multipliées, etc.

[6J’appelle « publieurs », en référence à l’anglais publisher, les maisons d’édition qui privilégient une logique purement commerciale à un souci éditorial, c’est-à-dire des textes et de leur valeur. Ces « publieurs » sont légion, alors même que les vrais éditeurs deviennent de plus en plus rares. Nombre de grosses maisons d’édition qui avaient par le passé un réel statut d’éditeurs, sont devenues de simple « publieurs ». Seul un vrai éditeur est une véritable instance de légitimation pour l’écrivain (cf. plus loin).

[7Le Prix du Livre Inter en 2000 pour Des Anges mineurs a certes joué un rôle, mais cela fait encore 15 ans.

Messages

  • Merci de ce débat, qui en fait concerne assez peu publie.net, puisque les textes que nous diffusons ne sont pas accessibles via l’édition traditionnelle. Et que nous tentons, via les abonnements des bibliothèques universitaires par exemple, une défense du contemporain qui me semble plus urgente que la politique de réserves indiennes subventionnées des éditeurs traditionnels.

    Pour la limitation à 10 ans ducontrat d’édition, ça a toujours été la ces par exemple en Italie et Espagne, et ça n’y a pas empêché la littérature de création, que je sache.

    Enfin, pour Beckett, légère erreur de date, fondation Minuit en 1948, et Godot en 1954, ou corrigez-moi.

    Voir en ligne : Tiers Livre

  • Pourquoi donc est-ce seulement l’opposition qui est jouée, en ce débat, entre l’édition papier et l’édition électronique ? Est-ce qu’une complémentarité entre les deux vecteurs n’est pas possible, d’autant que (et pour un bon moment sans doute), les deux supports vont cohabiter parce que rien ne s’oppose à ce qu’ils cohabitent (et qu’on peut aimer lire sur du papier ET sur un écran ET sur un livrel ET sur son smartphone) ?

    Mon propos est le suivant : qu’est-ce qui s’oppose à ce que l’édition électronique joue un rôle de ’défricheur’ (on retrouve alors le rôle de l’éditeur dont parle Dominique Fagnot, ce rôle de validateur) dont certains textes, repérés, se retrouveraient ensuite dans le circuit papier ? Je doute que le fait qu’un texte ait déjà existé en numérique empêche son existence papier (ce n’est pas le même lectorat et/ou, le fait d’avoir lu un texte sous forme électronique n’empêche pas d’avoir envie de l’avoir sous papier aussi) ; à dire vrai, je pense même l’inverse, et que la multiplicité des supports multiplie les envies. J’espère voir un jour une réponse sur ce point quelque part sur le net.

    Dans cet optique en tous les cas, si l’on considère que pour de multiples raisons (ne serait-ce que technique et de réactivité), l’édition numérique a sans doute une carte à jouer dans cette de tête chercheuse, il faudrait tout de même que les maisons qui travaillent en ce sens soient un minimum accompagnée par les structures (CNL par exemple) dont c’est le rôle, il me semble.

    Bref. Plutôt que de se jeter des trucs à la tête (même si lire que le numérique ne peut pas porter une littérature de qualité m’énerve un peu ;-) ), si l’on articulait tout ça ?

    D.

    PS : pour ceux qui me connaissent, qui s’étonnent sans doute de ce commentaire très mesuré, je précise que je suis dans un de mes jours de bonté :-)

    PS2 : quand même, une petite question polémique se référant à mon cas personnel : mes textes ont toujours été refusés par toutes les bonnes maisons traditionnelles contactées (et comme je suis persévérant, j’ai accumulé un nombre de refus conséquent). publie.net m’a ouvert ses portes au premier contact. Je me demande donc vraiment où est la prise de risque et la logique de défricheurs ? Dans les ’vieilles maisons’ gages de qualité et d’une littérature exigenate ou dans les électrons libres ? (évidemment, on peut envisager une explication dont j’ai pleine conscience : ce que j’écris est indigent, et publie.net joue un rôle d’aide sociale ;-) )

    Voir en ligne : Face Terres...

  • Petit ajout à mes propos juste avant : on voit bien que là, la balle est clairement du côté de l’édition papier et des structures traditionnelles. Soit elles entrent dans des logiques plus ouvertes par rapport au numérique et acceptent de façon active cette articulation que j’évoque, soit je ne donne pas cher de leur peau, quoi qu’elles en pensent.
    Parce que le numérique n’a pas besoin du papier. Alors que l’inverse n’est pas vrai.

    PS : fin de la période de bonté ;-)

    Voir en ligne : Face Terres...

  • À François Bon :
    Ma vraie question était, et reste, celle de la traduction.
    Or, les traductions ont besoin pour exister tant économiquement que symboliquement de la présence dans le catalogue de la maison d’édition, d’auteurs et aussi d’auteurs « du contemporain », pour des traductions comme celles dont je parle. Il y a un effet de légitimation symbolique, d’adoubement, des auteurs étrangers nouveaux venus dans l’édition française par les auteurs français reconnus.

    Et si Publie.net a une certaine audience, c’est en grande partie dû à la légitimité que vous lui apportez, car vous avez été publié dans des grandes maisons d’édition. Le choix de certains auteurs connus, au moment du lancement du projet n’y est pas pour rien non plus.

    Si le but de Publie.net est en quelque sorte de relayer les défuntes revues littéraires, alors oui, pourquoi pas. Si le projet est de devenir un des éditeurs de la littérature « du contemporain », il relève en partie des problèmes que je pose. (cf. aussi ma réponse à D. Bourrion)

    Concernant Beckett le premier texte publié chez Minuit est Molloy en 1951 (suivront Malone meurt et L’Innomable respectivement en 1953 et 1954), alors que Lindon avait pris les rênes de Minuit en 1948.

    À D. Bourrion :
    Je n’ai rien contre la complémentarité édition papier / édition numérique. Au contraire, les expériences dans ce sens des Éditions de l’Éclat ou de la défunte association Inventaire/Invention m’ont toujours parues intéressantes. Et si les Éditions Absalon « passaient » au numérique se seraient dans ce genre d’optique.

    Quant à savoir si les « vielles maisons » remplissent encore leur rôle de découverte et de légitimation d’auteurs contemporains nouveaux venus, il me semble y avoir répondu par la définition que je donne des « publieurs », qui s’applique à la majorité de ces maisons. Néanmoins, il reste encore quelques maisons ayant une politique éditoriale intéressante, Verdier, Minuit (bien que Minuit vu sa faible production ne publie pas tellement de nouveaux auteurs) et il y en a sans doute d’autres.

    Voir en ligne : Editions Absalon

    • On s’occupera de publier quelques bonnes traductions, cher monsieur, sens besoin de votre avis et quelques beaux projets en plus, par exemple échange de droits entre plateformes comme le nôtre au Japon ou au Brésil ou Canada anglophone.

      Et si les textes que publie notre coopérative sont forts, c’est justement parce que nous travaillons collectivement, rien à voir avec la marque de mes chaussettes.

  • Concernant les traductions, lire ce qu’écrit FB dans la présentation des Grains de pollen chez Publie.net :

    On est dans un monde assez tristement normalisé : quand j’ai commencé à publier, dans les années 80, on s’échangeait les droits de traduction d’éditeur à éditeur, Verdier avec Manholt Verlag à Brême, ou bien qu’importe si l’ami Wouter van Oorschot, à Amsterdam, n’offrait qu’une somme symbolique, s’il y avait l’amitié (et les verres, et le piano) en sus ? Maintenant, on s’échange à Francfort pour des sommes folles les droits de parution en 50 langues, et vous trouvez la même poignée de livres partout, et plus rien des autres. Où l’édition traditionnelle a renoncé, à nous de réinventer. Des étudiants traduisent des textes contemporains difficiles : accueillons-les, des auteurs amis se refont la langue sur un texte exigeant, mettons en circulation – l’intendance suivra (elle suit).

    Voir en ligne : Grains de pollen

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