Œuvres ouvertes

Anecdote : Exercice français / Heinrich von Kleist

Exercice français, sous-titre de Kleist : "Qu’on devrait imiter"

Un capitaine d’artillerie français qui, au début d’une bataille, veut placer une batterie de canons, décidé à tenir en respect le canon ennemi ou bien à l’abattre, se poste tout d’abord au milieu de la place choisie, que ce soit une cour d’église, une douce colline ou le sommet d’un bois : tirant son épée, il s’enfonce le chapeau sur les yeux et, passant entre les chariots, sous l’averse des boulets de canon ennemis, afin de commencer son ouvrage, soit mettre en batterie, il saisit les canonniers et les artificiers de son poing gauche fermé, et montrant un endroit du sol avec la pointe de son épée, dit au premier : « Tu meurs ici ! », tout en le regardant – puis à un autre : « Toi, ici ! » - puis à un troisième et un quatrième, et à tous l’un après l’autre : « Toi, ici ! Toi, ici ! Toi, ici ! » - et au dernier : « Toi, ici ! » — Ces instructions données à l’artillerie, déterminées et sans condition, à un endroit où la batterie de canons va être disposée pour mourir, avaient, dit-on, au cours de la bataille, si elle était bien menée, l’effet le plus extraordinaire.

© Heinrich von Kleist _ 30 septembre 2010

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)