Œuvres ouvertes

Insulaires (11)

mer imaginaire

Pour nous qui étions nés dans les Hauts et n’étions jamais descendus vers elle (de très anciennes craintes nous en empêchaient), la mer n’était qu’une légende. Depuis les sommets où nous nous tenions du matin au soir, il n’y avait face à nous que le ciel, qu’un ciel immense qui s’ouvrait en haut et en bas, et qui s’étendait très loin au-dessus de nous jusque dans les abysses.

On nous parlait de vastes étendues d’eau à travers lesquelles il était possible de rejoindre d’autres terres, et nous ne croyions pas à ces fables : l’eau, c’était pour nous des flux vivants et parfois violents, ceux des torrents et des rivières en crue qui dévalaient les pentes et allaient se perdre dans le ciel.

Jamais nous ne serions descendus nous perdre dans ce ciel partout béant dans lequel il nous arrivait de tomber en rêve. Le néant était bleu et régnait sans partage hors des limites de l’île.

© Laurent Margantin _ 17 octobre 2010

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