Œuvres ouvertes

Léo Scheer créateur de la Star Ac de l’édition

à propos de la collection m@nuscrits

Léo Scheer est un éditeur que j’apprécie : il publie un nombre conséquent de bons livres, et réfléchit depuis 2008 à une nouvelle articulation entre l’Internet littéraire et le monde de l’édition, quitte à privilégier le support papier, ce qui de mon point de vue est une erreur. Il a créé la collection M@nuscrits
a failli paraître L’Enfant neutre
(en tout 8 textes ont déjà été publiés).

Après une phase de réflexion, Léo Scheer trace de nouvelles perspectives à cette expérience : il s’agit pour lui de trouver un espace intermédiaire entre l’anti-édition (Marc-Edouard Nabe) et l’édition classique. Léo Scheer envisage un espace en ligne, une communauté d’auteurs-lecteurs (un millier) qui, au final, voteraient pour leurs textes favoris :

Imaginons que le régime de croisière de publication des M@nuscrits soit de 3 par an, ne peut être membre de la communauté celui qui s’engage, (qui s’abonne, si on préfère) à acheter 3 livres valant 10 € par an (30 € par an) et ceci pendant 3 ans minimum. Devenir membre de la communauté M@nuscrits pendant 3 ans pour 90 € permet : 1) de mettre en ligne des textes 2) de les soumettre à la discussion des autres membres 3) de pouvoir voter pour la publication d’autres textes que les siens. Sont publiés, chaque année, les 3 textes qui ont recueilli le plus de suffrages. (le vote étant nominatif. Pour moi, c’est un modèle qui roule pour commencer.

Ce serait un système "démocratique", écrit Léo qui, il me semble, reste profondément marqué par son expérience de la télé, au point d’inventer ce qu’on pourrait appeler la litté-réalité ! On ne pourra évidemment juger cette expérimentation qu’à partir des textes qui seront édités sans aucune intervention de l’éditeur.

© Laurent Margantin _ 24 octobre 2010

Messages

  • La nouvelle formule proposée par Léo Scheer vise essentiellement à rentabiliser une collection (la collection M@nuscrit) qui apparaît d’ores et déjà comme un ghetto puisqu’à sa faible visibilité (aussi bien médiatique qu’en en librairie) s’ajoute un projet qui visait exclusivement les "écritures de l’internet".

    Voici un commentaire que j’ai déposé sur le billet de Léo Scheer concernant cette nouvelle formule pour l’instant encore en projet :
    Les dernières orientation proposées ici par Léo me font comprendre que je n’aurai plus d’autre choix comme auteur/lecteur que de retirer ma modeste production après le 11 mars 2011 et d’aller chercher ailleurs l’espace où échanger avec d’autres écrivants (ou auteurs, mais pas Wanabee, terme que je trouve moche et méprisant pour reprendre des termes employés par Audie). Je ne crois pas être seul dans ce cas. que restera-t-il de la "communauté" des 1000 après cette date ?
    En effet, obliger les membres à délier leur bourse pour recevoir des livres qu’ils n’auront pas choisis risque fort de les faire fuir. Même France-loisirs ne va pas aussi loin dans la contrainte pour une littérature parfois meilleure. J’accepterais bien pour ma part de prendre un abonnement à la RL spéciale M@nuscrits (j’ai acheté à présent les deux N° spéciaux) ou à une revue qui se consacrerait à publier uniquement des nouveaux auteurs, chose qui n’existe pas aujourd’hui, mais ce que j’ai lu jusqu’à présent ne m’a pas incité à acheter les ouvrages. Une des solutions pourrait venir de ce que propose Audie, c’est à dire un tirage à la demande. En effet, des m@nuscrits trop longs pour être lus sur un écran pourraient y gagner en visibilité et en audience.
    Maintenant, la question se pose de ce que l’on veut faire : tontine, compte-d’auteur mutualisé... Au bout du compte, cela ressemble beaucoup à un ghetto pour wanabe (dans ce cas, l’usage du terme serait justifié). Il est normal bien entendu qu’un éditeur se soucie d’équilibrer financièrement sa production, mais dans quel but ? Gagner de l’argent ? Faire émerger des auteurs ? Permettre à une frange d’écrivants d’accéder à une primo-publication ? Les choses n’ont pas été très claires à ce niveau : le CLE (comité de lecture élargi) n’existe pas encore, le but affiché était de valoriser "les écritures de l’internet" (ce qui représentait déjà une limitation) et la collection M@nuscrit numérique (qui devait être l’antichambre de la collection papier) n’est pas évoquée.
    J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’aventure de cette expérience M@nuscrit. J’y ai participé en tant qu’auteur (2 manuscrits proposés) et lecteur (des commentaires pour d’autres auteurs sur les pages de leur m@nuscrit). Pour moi, le principal avantage de cette expérience est, comme pour beaucoup d’autres, d’avoir pu être lu (343 téléchargements sur le premier m@nuscrit mis en ligne en juin 2008), ce qui est déjà un formidable encouragement et d’avoir bénéficié de commentaires. Je ne pense pas avoir ma place dans la nouvelle formule si elle voit le jour.
    Cher Léo, il me semble que vous devez pérenniser la possibilité pour tout un chacun d’être lu et commenté "sans obligation d’achat" ou en proposant des formules plus souples (abonnement à une revue annuelle, édition numérique, à la demande). Si ce n’est pas possible, il me restera à vous dire merci pour la possibilité que vous nous avez offerte d’être vus (et votre implication personnelle qui est rare) et à aller chercher ailleurs ce qui n’existera plus chez vous.

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