Œuvres ouvertes

Il était très tôt, les rues étaient propres et désertes

écrit entre mi-novembre et mi-décembre 1922

Il était très tôt, les rues étaient propres et désertes, j’allais à la gare. En comparant l’heure qu’indiquait ma montre avec celle d’une horloge, je vis qu’il était beaucoup plus tard que je croyais, je devais me dépêcher, l’effroi que provoqua cette découverte me fit perdre le sens de l’orientation, je ne savais pas encore bien me repérer dans cette ville, heureusement il y avait un policier pas loin, je courus vers lui et, essoufflé, lui demandai mon chemin. Il sourit et dit alors : « Tu veux que moi je t’indique le chemin ? » « Oui », répondis-je, « car je n’arrive pas à le trouver tout seul ». « Renonce, renonce », dit-il tout en se détournant de moi en un geste ample, comme les gens qui veulent être seuls avec leur rire.

© Franz Kafka _ 9 novembre 2010

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)