Œuvres ouvertes

Plongé dans la nuit

...

Plongé dans la nuit. Comme on penche parfois la tête pour réfléchir, être entièrement plongé dans la nuit. Tout autour, les hommes dorment. C’est une petite comédie, l’illusion innocente de dormir dans des maisons, étendus dans des lits en dur sous des toits en dur, ou bien blottis sur des matelas, sous des draps, sous des plafonds. En vérité ils se sont tous retrouvés, comme jadis et puis plus tard à nouveau, dans une région désertique, un campement à l’air libre, un nombre incalculable d’hommes, une armée, un peuple, sous le ciel froid sur la terre froide, jetés là où on avait été jadis debout, le front appuyé sur le bras, le visage tourné vers le sol, respirant calmement. Et tu veilles, tu es l’un des veilleurs, trouves le suivant en agitant le bout de bois qui brûle dans le feu près de toi. Pourquoi veilles-tu ? Il est dit qu’un doit veiller. Qu’un doit être là,

© Franz Kafka _ 12 novembre 2010

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