Oeuvres Ouvertes

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Le chemin vers la maison

Publié dans la revue Hypérion, numéro de janvier-février 1908

Qu’on voie la force de persuasion de l’air après l’orage ! Mes mérites m’apparaissent et s’emparent de moi, et je ne m’y oppose pas.
J’avance à grand pas et ma cadence est celle de ce côté de la rue, de cette rue toute entière, de tout le quartier. Je suis à juste titre responsable pour tous les coups donnés aux portes et sur les tables, pour tous les toasts, pour les couples d’amoureux dans leur lit, sur les échafaudages des nouveaux bâtiments, serrés contre les murs des maisons dans les ruelles sombres, ou sur les canapés Ottoman des bordels.
J’évalue mon passé en lien avec mon avenir, et, trouvant les deux excellents, incapable de préférer l’un à l’autre, je dois juste réprouver le caractère injuste de la Providence qui me favorise ainsi.
Ce n’est qu’en entrant dans ma chambre que je suis un peu pensif, mais sans rien avoir trouvé qui mérite qu’on y réfléchisse en montant les escaliers. J’ouvre grand la fenêtre, dans un jardin on joue encore de la musique – mais cela m’aide peu.

Première mise en ligne le 20 novembre 2010

© Franz Kafka _ 1er mars 2015

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