Œuvres ouvertes

Lêdo Ivo, Requiem

long et magnifique poème d’un auteur brésilien

Les liens directs et profonds qui attachent Lêdo Ivo à sa terre brésilienne et à son peuple – il est fier d’être un lointain descendant de la tribu indienne « caeté » – n’entrent pas en contradiction avec sa vaste culture cosmopolite. Au contraire, ces deux dimensions fondamentales de son existence se complètent et se renforcent mutuellement dans son œuvre.

Ainsi, cette œuvre extrêmement abondante et variée (poésie, romans, nouvelles, chroniques, etc.), rendue possible par une grande facilité d’écriture et une longévité sereine et lucide, projette une singulière lumière rasante sur notre monde. La mélancolie et l’ironie, la lucidité et la sensualité, la tristesse et l’enthousiasme y brillent à tour de rôle comme d’étranges feux follets dans la pénombre et l’étouffante moiteur marine des mangroves. Cet éclairage aide à considérer la vie et le monde d’une autre manière, ouverte à tout, capable de concilier, ne serait-ce que le temps d’un éclair, la splendeur et l’abomination.

Connu, traduit et fêté au Mexique, Juan Rulfo a pu dire de lui, en un somptueux éloge lors d’un voyage au Brésil, qu’il était l’un des trois meilleurs poètes brésiliens, avec Carlos Drummond de Andrade et Joao Cabral de Melo Neto. Et Alvaro Mutis, pour sa part, voit en lui un « grand poète du Brésil et du monde » qui sait insuffler la vie aux forces naturelles « avec tous leurs parfums, leur présence délirante, leur torrent de vie ».

En tout état de cause, c’est un des plus importants poètes de la génération de 1945, son principal fondateur et son représentant le plus légitime, car on trouve chez lui « tous les projets de reformulation de l’apparente indiscipline technique et formelle de la première génération moderniste » (Silvio Castro). Et ce grâce à la récupération qu’il a faite de la tradition lyrique, grâce à sa compréhension précoce du fait que l’art se situe dans la tension entre la contrainte et la liberté, à une remise en valeur de l’humain et du vécu, à un retour vers l’autre et les autres en opposition à un individualisme iconoclaste. Né en 1924 à Maceió, dans le nord-est brésilien, resté jeune à ses 86 ans (ce n’est pas en vain qu’il déclare que « ma patrie c’est la vie »), Ivo collectionne les prix et les hommages. Le dernier en date, le « Rosalia de Castro », lui a été décerné en février dernier par le Pen Club de Galicie, en Espagne. « Requiem » est un long poème divisé en huit parties, écrit en 2005-2006 après la perte de sa compagne. Ce splendide témoignage poétique exalte la vie, qui n’est pourtant qu’un « long voyage entre deux néants ».

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A télécharger, 19 pages

© Philippe Chéron _ 17 janvier 2011

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