Œuvres ouvertes

Johann Wolfgang von Goethe, Maximes et réflexions

187 pages

Je regarde comme le plus grand mal de notre siècle, qui ne laisse rien mûrir, cette avidité avec laquelle on dévore à l’instant tout ce qui paraît. On mange son blé en herbe. Rien ne peut assouvir cet appétit famélique qui ne met en réserve pour l’avenir. N’avons-nous pas des journaux pour toutes les heures du jour ? Un habile homme en pourrait encore intercaler un ou plusieurs. Par là tout ce que chacun fait, entreprend, compose, même ce qu’il projette, est traîné sous les yeux du public. Personne ne peut éprouver une joie, une peine, qui ne serve au passe-temps des autres. Et ainsi chaque nouvelle court de maison en maison, de ville en ville, de royaume en royaume, et enfin d’une partie du monde à une autre, avec une effrayante rapidité.

La plus grande marque d’estime qu’un auteur puisse donner au public est de produire non pas ce qu’on attend de lui, mais ce qu’il croit bon et utile, eu égard à son propre talent, et au degré de culture des esprits auxquels il s’adresse.

Les personnages distingués sont dans une position plus défavorable que les autres hommes ; comme on ne se compare pas à eux, on les observe.

Dans une traduction, il faut aller jusqu’à l’intraduisible. C’est alors seulement qu’on s’aperçoit combien une langue nous est étrangère, ainsi que la nation qui la parle.

PDF - 1.1 Mo
© Laurent Margantin _ 31 janvier 2011

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