Œuvres ouvertes

Allocution de Serge Velay, président des Amis de Jean Carrière, à l’occasion de la réception à Nîmes d’Enrique Vila-Matas, lauréat du Prix Jean-Carrière 2010, le lundi 7 février 2011

extrait de : Notules dominicales de culture domestique (467) 3

Atonie, hier soir, tout simplement parce que dans la matinée j’étais allé faire un tour à ce qui était, il y a peu encore, une des deux grandes librairies de Limoges… Eh bien, dès qu’on y entre, on sait que le genre humain est foutu… la boutique vient de passer sous la coupe de quelque maquereau anonyme qui s’appelle « chapitre.com »… en passant la porte, tu vois immédiatement que le virus est entré, et pour l’éternité… les livres exposés à la vente à la porte sont les étrons des tarés à gros tirage et à (...)

Merci à Florence Trocmé de nous permettre de reprendre ce texte mis initialement en ligne sur son site, Le Flotoir.

Du déploiement d’une langue, dans la liberté qu’offre la littérature

La découverte de Rilke et la question de la traduction
C’ est après son arrivée à Paris à la fin de la Seconde guerre mondiale que Lorand Gaspar, ancien prisonnier d’ un camp militaire de Souabe, région située dans le sud de l’ Allemagne, découvre la poésie de Rainer Maria Rilke. Dans la capitale libérée commence une nouvelle vie, certes difficile (le jeune homme vit d’ emplois de fortune, comme il le raconte dans le texte autobiographique qui précède le recueil Sol absolu), mais de grande liberté (...)

Entre ses deux recueils les plus récents, intitulés Parafe et Codex , le poète a effacé son prénom de sa signature, ne conservant que le patronyme. En signant Auxeméry - nom matriciel - l’auteur s’absente dans ce qu’il a de plus connu, de plus identifié, affronte une absence, celle de soi-même dans une voix jusqu’alors inconnue.
De quelle voix s’agit-il alors, si elle est ainsi parafée ? De celle qui sort de la bouche d’ombre, antérieure à toute conscience, profondément obscure, et qui a occupé les (...)