Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Depuis une semaine que j’ai mis ce texte en ligne, il ne cesse d’être consulté par des personnes à la recherche de nouvelles concernant son auteur, Claude Prépetit, ingénieur haïtien. Je m’en rends compte en consultant les statistiques de consultation du site, qui affichent les recherches qui ont abouti à cette page, comme pour la seule journée d’aujourd’hui :
« "claude prepetit" » « claude prepetit » « Claude Prepetit » « rapport entre ile flottante et plaques tectonique » « CAP (...)

Hegel, assis dans l’étroit bureau encombré du journal qu’il dirige (La gazette de Bamberg) entend, au travers de fenêtres exigües, le borborygme strident des servantes au marché, au moment d’ouvrir la lettre de blâme dépêchée par les autorités en 1808 lui reprochant de répandre des informations contraires aux intérêts de l’Etat. Il sera convoqué demain devant ses juges. Lui le serviteur, le petit ouvrier des faits divers pour amuser le quotidien des grandes dames autour desquelles pavanent toute la ville et (...)

En écoutant plusieurs intellectuels haïtiens ces derniers jours, on se rend compte du choc que représente pour eux la disparition d’Anglade, auteur en 1990 d’un "manifeste retentissant" (Alain Beuve-Méry dans le Monde du 17 janvier) intitulé "La chance qui passe", en faveur de la démocratie, et de "Et si Haïti déclarait la guerre au USA ?".

Georges Anglade, géographe, homme politique et écrivain disparu avec sa femme dans le tremblement de terre en Haïti, a publié des chroniques dans Le Nouvelliste. Celles de 2007 et 2008 ont été rassemblées dans un volume intitulé Chronique d’une espérance.

Claude Prépetit est ingénieur au bureau des mines et de l’énergie d’Haïti. Il a rédigé ce texte avant la catastrophe qui vient de se produire. On peut notamment y lire ces lignes :

"La relative quiescence sismique du dernier siècle ne doit pas nous porter à croire que notre pays n’est plus à l’abri de séismes dévastateurs. Tout simplement, les failles sismiques se trouvent temporairement bloquées, accumulant ainsi de l’énergie susceptible d’être relâchée lors de séismes à venir, impossibles d’ailleurs à situer dans le temps. En termes de prévision, nous pouvons seulement avancer que, sur la base des mesures de géodésie spatiale effectuée sur l’Ile depuis plus de cinq ans, il a été enregistré des déformations de plus de 7 mm/an le long des failles septentrionale et sud d’Haïti. Ces déformations ont été induites par un mouvement de cisaillement de l’ordre de 17 mm/an entre les côtes nord et sud. Compte tenu de la période d’accalmie sismique observée au cours de ces deux derniers siècles, cette déformation élastique aurait induit un déficit de glissement de l’ordre de deux mètres le long des deux grandes failles actives d’Haïti. Le relâchement d’une telle énergie accumulée patiemment dans les entrailles de la terre au fil des ans, pourrait donner naissance à des séismes de magnitudes supérieures à 7 sur l’échelle de Richter graduée de 1 à 8. Il s’agit de ces mêmes magnitudes qui ont eu à détruire Port-au-Prince en 1751 et 1770, puis le Cap-Haïtien en 1842. Il n’est pas improbable que les épicentres des séismes à venir soient situés dans les mêmes zones que celles observées dans le passé."