Œuvres ouvertes

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Reprise de ce texte important publié dans le Monde du 13 février

J’allais dans la librairie après les cours. Elle était située sur les hauteurs de la ville, derrière l’église. Généralement, il n’y avait personne. Quels étaient les clients du libraire ? Je ne l’ai jamais vraiment su. Des femmes esseulées, des enseignants à la recherche d’un classique pour leurs élèves, quelques esthètes de passage dans cette ville.
Je prenais un des ouvrages qui venaient de paraître et m’asseyais dans un fauteuil au fond de la boutique, entre deux rangées de livres. Le libraire me saluait (...)

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Qui venait, des siècles après sa disparition, poser des cailloux sur la tombe de l’Oublié ? Il y avait bien sûr les enfants : ils jouaient dans ce cimetière qui ressemblait à un parc, pendant que leurs parents déposaient des fleurs un peu plus loin et nettoyaient une sépulture. Mais les cailloux étaient trop nombreux, et il fallait voir dans la plupart d’entre eux une forme d’hommage secret et anonyme.
La pierre tombale était massive, elle avait été prélevée au massif montagneux qu’on apercevait à (...)

Un auteur toujours essentiel

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

On ne le voyait jamais sans ses chaussons. Partout où il allait, chez lui ou dans la rue – car il ne quittait sa maison que pour aller à la poste ou à l’épicerie en face –, il les avait aux pieds. Curieusement, on disait à leur propos qu’ils étaient sa seule raison d’être ! Il les choyait comme un animal qui ne vous quitte pas, il les caressait, les entretenait, à l’aide de différentes brosses, avec une passion qui confinait au délire.
Son malheur, c’était d’être trop jeune pour adorer ses chaussons. (...)