Œuvres ouvertes

La Main de sable : renards

L’hiver était très rude cette année-là. La neige avait recouvert les champs, durcie par le vent glacé. Taraudés par la faim, les renards sortaient des forêts et marchaient sur les vastes étendues blanches à la recherche de quelque cadavre. Depuis les fenêtres du train, les voyageurs pouvaient les observer comme dans une espèce de safari nordique, avec la curieuse impression d’être revenus aux temps anciens, lorsque ceux qui parcouraient le pays à cheval ou en diligence étaient exposés aux bêtes féroces. (...)

L’hiver était très rude cette année-là. La neige avait recouvert les champs, durcie par le vent glacé. Taraudés par la faim, les renards sortaient des forêts et marchaient sur les vastes étendues blanches à la recherche de quelque cadavre. Depuis les fenêtres du train, les voyageurs pouvaient les observer comme dans une espèce de safari nordique, avec la curieuse impression d’être revenus aux temps anciens, lorsque ceux qui parcouraient le pays à cheval ou en diligence étaient exposés aux bêtes féroces.

Parmi les renards qui furent observés sur plusieurs kilomètres, il y en avait un qui boitait, estropié sans doute après avoir eu la patte prise dans un piège. Malgré la faim, le handicap, le froid, l’animal prospectait avec une attention intacte le territoire qui était le sien. « Ce pays, souffla quelqu’un dans le compartiment, ce pays pourrait être le nôtre ».

© Laurent Margantin _ 9 février 2010