Œuvres ouvertes

Le Terrier ou la construction (275)

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On se garde bien de contrôler tout de suite la découverte, on cherche quelqu’un à qui on pourrait d’abord confier son existence sans qu’elle soit mise en doute, c’est pourquoi on galope jusqu’à la place forte, on se rappelle, alors qu’on s’éveille de tout son être à une nouvelle vie, qu’on n’a rien mangé depuis longtemps déjà, on arrache quelque chose parmi les provisions à moitié ensevelies sous terre, et tout en étant encore occupé à l’engloutir, on retourne en courant au lieu de l’incroyable découverte, c’est en plein repas qu’on veut se convaincre de la chose encore une fois, juste en passant et de façon fugitive, on tend l’oreille, mais l’écoute la plus fugitive montre aussitôt qu’on s’est trompé au point de se déshonorer, ça chuinte au loin, imperturbablement.


texte traduit

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 1er décembre 2016