Œuvres ouvertes

Anecdote / Heinrich von Kleist

Par un temps très pluvieux, un frère capucin accompagnait un Souabe à la potence. En chemin, le condamné s’adressa à Dieu à plusieurs reprises en se plaignant de devoir faire un trajet si pénible par un temps si mauvais et si morose. Le frère capucin voulut le consoler de manière chrétienne et lui dit : « Espèce de bon à rien, de quoi te plains tu, il te suffit d’aller, moi en revanche, il me faut revenir en reprenant le même chemin, et par ce temps ! ». – Qui a ressenti combien il est triste de revenir (...)

Par un temps très pluvieux, un frère capucin accompagnait un Souabe à la potence. En chemin, le condamné s’adressa à Dieu à plusieurs reprises en se plaignant de devoir faire un trajet si pénible par un temps si mauvais et si morose. Le frère capucin voulut le consoler de manière chrétienne et lui dit : « Espèce de bon à rien, de quoi te plains tu, il te suffit d’aller, moi en revanche, il me faut revenir en reprenant le même chemin, et par ce temps ! ». – Qui a ressenti combien il est triste de revenir du lieu du supplice même un jour où il fait beau ne trouvera pas le propos du frère capucin si stupide.

© Heinrich von Kleist _ 23 septembre 2010
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